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Restauration du Loud

Relevé des formes de la coque du Loud

Nous voulons réaliser un plan de forme et un plan de charpente pour garder la mémoire de ce type de bateau.
A notre connaissance, ce travail n’avait jamais été fait, les charpentiers traditionnels tunisiens, comme ceux de nos côtes construisent leurs embarcations vernaculaires sur gabarits. 

Nous avons commencé par tracer la flottaison avec de la peinture jaune et pour faciliter le relevé des formes de la coque, nous avons calé le bateau dans ses lignes, c’est à dire la ligne de flottaison à l’horizontale.

Guy s’y connait ! il va faire du travail soigné !
Il commence à prendre les mesures du livet par rapport à l’axe du bateau matérialisé par un cordeau.

Minutieux, il vérifie la verticalité de l’étambot.

puis de l’étrave.

Sur la demi coque, côté tribord, 17 profils verticaux ont été répartis et tracés à la craie.

Sur chaque demi section verticale cinq points seront mesurés pour dessiner la forme du profil.
Pour chaque point on utilisera la méthode dite de triangulation bipolaire qui consiste à mesurer deux longueurs pour chaque point à partir de deux pôles situés sur une règle horizontale, avec le centre de la quille pour origine.

Astucieux Guy prend les longueurs avec une antenne télescopique récupérée sur un vieux poste de radio !

le tout est noté méticuleusement sur son carnet

Pour tracer les profils sur une feuille de papier, il suffit de reporter au compas les deux longueurs mesurées pour chaque point. Le point se situant à l’intersection des deux arcs de cercle !

De la théorie à la pratique, ce n’est pas toujours évident !
Il y a bien quelques ratés…, là un point aberrant !
Ce sera vite corrigé, le tracé se faisant au fur et à mesure du relevé.

Les points situés près de la quille sont particulièrement difficiles d’accès, et demande à notre opérateur un investissement sans faille !

Dans le même temps un croquis du pont avant a été réalisé, il nous aidera bien, car il faudra probablement démonter ce pont pour changer une partie de l’étambrai qui est pourrie.

Le même en image vectorielle à l’ordinateur !

Photos de Robert, Antoine et Joël

9 réponses sur « Relevé des formes de la coque du Loud »

Ce loud est fier de susciter tant d’intelligence et d’énergie pour pouvoir à nouveau fendre les eaux. C’est un monument historique et il faudra lui donner les licences de naviguer tel qu’il est. La mer n’est pas qu’au cris-craf et au monstres touristiques. Ce loud doit devenir la fierté des sétois et une des plus belle parure du canal royal, grâce à votre obstination ingénieuse et efficace. Le loud sera la manifestation publique du travail génial et obscur de ceux qui l’i-ont réssusité

quelle travail magnifique fai par un professionnel qui mérite toute mon admiration..j’espère venir vous voir le jeudi 20 février et collaborer,en peu,par ma présence..merci de chouchouter notre ancêtre..
ça me rappelle la réhabilitation de la momie de Ramsès II..tu en as l’envergure..

Oui on peut-être admiratif et envieux de voir la mise en pratique de la connaissance et des dernières technologies pour une des rares fois fois au service du patrimoine culturel et artisanal. Bravo pour le reportage. En amitié avec la Tunisie
Léo

Pendant de longues années un petit groupe d’adhérents a bataillé, parfois dans la douleur et le découragement, mais toujours avec l’espoir de sauver ce bateau extraordinaire : le Loud des Kerkennah. Aujourd’hui tous leurs efforts ont été récompensés, en grande partie grâce à l’association Bonança du Barcares et aux Transports Charlon, le loud est enfin au chantier de Voile Latine de Sète, mais ce n’est qu’une première étape car le plus difficile reste encore à faire : sa restauration et nous manquons cruellement de moyen.

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