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Restauration du Loud

Les plans de forme et de charpente du Loud

Le plan de forme a été réalisé par Guy BROUET. Il a relevé les mesures du bateau de façon très précise et détaillée sur 17 profils transversaux répartis sur tout le long de la coque avec l’aide précieuse de Jacques et de Robert.

Il a transformé son salon en table à tracer pour dessiner les profils à l’échelle un. Plus de 250 heures ont été nécessaires pour réaliser ce travail !

Le plan de forme d’un loude n’avait jamais été fait auparavant, les charpentiers de Kerkennah travaillaient sans plan, ils se transmettaient de générations en générations les gabarits servant à fixer les formes du bateau.
Il sera maintenant possible de tracer en grandeur nature toutes les membrures d’un loude et de garder ainsi la mémoire de ces bateaux.

Ci dessous nous pouvons voir une étape de la construction de notre Loud en 1994 à Sfax. Après avoir dressé la structure axiale sur le chantier, les charpentiers ont posé 4 membrures de part et d’autre du maître bau. On aperçoit un gabarit posé sur la quille.
On remarque également que les charpentiers avaient tendu un cordeau entre les varangues et la quille en passant par les anguillers. La quille, l’étrave et l’étambot étaient alignées au cordeau.

Après avoir calé le Loud sur le chantier de la Plagette, nous nous sommes rendu compte que la quille présentait une flexure et n’était plus vraiment horizontale, le bateau était également légèrement vrillé, résultat de plus de 10 ans d’abandon sur les rives de l’étang de Salses dans de mauvaises conditions.
En forçant un peu sur la coque tous les jours avec des étais, nous avons réussi au bout d’un mois à remettre l’étrave et l’étambot à la verticale.

Nous avons également réalisé le plan de charpente qui permet de visualiser la façon dont sont agencées les pièces de bois constituant le bateau.
Ci dessous le plan de pont dans un plan horizontal.

L’ensemble des barrots

Une coupe longitudinale avec les membrures et le liston jaune qui fait office de préceinte.

Les membrures dans le plan horizontal

L’ étambrai constitué de fortes pièces de bois permet de fixer le mât sur la coque

a également fait l’objet de schémas côtés.

Quelques détails du plan de charpente

La réalisation du plan de charpente nous a permis de mieux comprendre les lignes du loud, en effet on peut remarquer que le sommet du pavois à l’arrière du bateau est sur une horizontale passant par le sommet de l’étrave, parallèle à la flottaison !
Que le tirant d’eau ne dépasse pas les 45 cm !
Que les ponts avant et arrière ne sont pas horizontaux et pas dans un même plan, il suivent la tonture du liston.
Que le liston jaune est plus haut de 35 cm à l’avant qu’à l’arrière et qu’il accuse une légère tonture.
Que la quille, l’étrave et l’étambot sont alignés sur une même droite non parallèle à la flottaison.
Que le bateau est différence, c’est à dire que sa partie arrière est plus enfoncée dans l’eau que son avant, de 14 cm exactement !

Toutes ces observations seront bien sûr à faire valider par les charpentiers de Kerkennah, ce qui sera bien utile pour réécrire l’histoire de la construction d’un loude.

14 réponses sur « Les plans de forme et de charpente du Loud »

Il faut préciser que les plans de pont et de charpente ont été réalisés par Joël, l’auteur de cet article. Bravo à lui !
Jacques MOLINARI

Superbe travail, bravo et merci à tous ceux qui mouillé t la chemise pour sauver, restaurer et rendre vie navigable à ce magnifique morceau d’histoire de la navigation

Merci Joël pour cette belle illustration de plan de Forme de ce magnifique bateau, je crois que c’est le plus bel hommage que tu peux lui rendre, car si un jour il navigue, il sera peut être l’unique de ce genre et suscitera la curiosité de beaucoup.

Ça prend forme c’est le cas de le dire..j’espère que cette période difficile due au coronavirus ne perturbera pas ce magnifique projet
Prenez bien soin de vous
Amitiés

C’est unique et technique …quelles énergies s’assemblent pour réactiver la vie d’une embarcation … en bois!!!
destinée à être oubliée…
L’espace de « Voile Latine » est un funérarium qui redonne vie …
Magie …. ce doit être des curés sans soutane !!!

C’est merveilleux. Au début quand il était embourbé au chantier de la voile catalane, il fallait la foi de Robert de Jacques et de tous les autres que je ne connais pas pour arriver à cette étape graphique qui semble de superbe qualité. Quelle joie de voir que l’obstination pour la résurrection de ce loud devient une réalité crédible. Quand tout sera fini qu’il vogue fièrement sur les rives d Sète. Ce sera grâce à vous.

Les charpentiers avaient tout dans leur tête, et un savoir faire dans leurs mains.
Ce travail minutieux et précis est un magnifique sauvetage du génie passé.
Félicitations à vous pour votre acharnement.

Dans les années 1975, route de Sidi-mansour à Sfax, on pouvez voir ce type de bateau. J’avais oeuvré pour sauver une Mahone( Voir aujourd’hui à port El Kantaoui avec les pirates en plus.) Il y avait aussi les derniers gangaviers ( Sfax, Djaria, Biben). Mais je suppose que vous le savez.

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