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À Kerkennah

Des nouvelles de « Loud de Kerkennah »

« Loud de kerkennah » c’est le nom d’une toute nouvelle association crée cette année par Saber Chelly pour restaurer le loud qui était échoué sur la plage de Sidi Fredj.

Construit en 2008 à la demande du ministère de la culture, il arborait sur sa coque un numéro d’immatriculation énigmatique !

Un fois le bateau désensablé et transporté devant le chantier naval des frères Ezzeddine à Ouled Bouali à Kerkennah, les travaux de restauration ont pu commencer.

Une bonne partie du bordage à été remplacé.

Les membrures en olivier massif semblent en excellent état !

Pour la peinture, toutes les bonnes volontés participent !

Bravo pour cette belle restauration, nous avons hâte de voir ce loud naviguer, ce sera le premier ! Il montre l’exemple !

Photos de René Allera, Mohamed H Chelly, Saber Chelly et Jomaa Ammar.

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Restauration du Loud

Le loud en 3D

Après avoir mesuré le loud dans tous les sens, nous avons utilisé le logiciel de dessin vectoriel « InDesign » afin d’établir le plan de charpente.
Trois vues sont représentées : la vue de dessus dans un plan horizontal, les vues de profil et transversale dans des plans verticaux ( Top, Slide & Front ).

Pour chaque demi section les points ont été minutieusement reportés et la courbe de la coque a été lissée.

Les éléments de charpente y ont été placés.

Vue transversale où sur un même dessin figurent l’avant et l’arrière du bateau.

Arrivé à ce stade, il était aisé d’avoir tous les points du bateau en coordonnée x, y et z pour représenter le Loud en 3D.
Pour cela nous avons utilisé un logiciel gratuit dédié à la conception des coques de bateaux, « JSDN Yacht Design ».

Nous avons positionné les 3 axes :
X dans la longueur du bateau 
Y dans sa largeur 
Z dans sa hauteur
L’origine étant située à l’intersection de la ligne de flottaison et du maître bau.

Après avoir mis les points dans le logiciel, on a en 3D la forme de la coque que l’on peut faire bouger dans tous les sens.

Ci dessous une vue en fausses couleurs qui met bien en valeur la forme profilée de la coque du Loud !

Ensuite on habille le bateau avec ses voiles et sa peinture pour le faire naviguer virtuellement à toutes les allures :

de face

3/4 avant

de profil

grand largue

Vue de l’arrière

Une vue de dessus pour les gabians !

et de dessous pour les poissons !

Texte et dessins de Joël COËFFIC

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Restauration du Loud

Le bordage du Loud

Au début du mois de janvier le Loud arrive sur le chantier de la Plagette avec un bordage en piteux état.
Certains bordés disjoints pendent dans le vide !

Les balanes remontent jusqu’à la lisse, elles sont le témoin d’une immersion prolongée du bateau. Les bordés étant à nu, sans peinture protectrice ils ont été attaqués par des limnorias, sorte de petits crustacés qui perforent le bois de multiples galeries millimétriques. Le bois est attaqué localement sur toute son épaisseur et laisse des trous béants dans la coque.

Plus grave encore, on peut observer les dégats causés par les tarets ! Ce fameux mollusque qui dévore le bois des bateaux. Christophe Colomb, en son temps en avait fait les frais !
Dans ces conditions, nous n’aurons pas d’autres choix que de remplacer l’intégralité du bordage du Loud.
C’est dans cette perspective que nous avons entrepris d’établir les plans de son bordage, et quelques vieilles photos vont nous renseigner sur la façon de procéder.

Petit lexique :
Bordé : Plusieurs bordés mis bout à bout de l’avant à l’arrière du bateau, forment une virure.
Adent : Désigne le bordé court, de forme triangulaire, également nommé dague, assemblé à un autre bordé pour le compléter en largeur.
Ecart : jonction verticale de 2 bordés. 
Clore : le dernier bordé posé servant à clore la coque du bateau.
Border à franc-bord : les virures sont assemblées bord à bord, leur jonctions seront calfatées.

Le Loud est bordé à franc-bord avec des planches en pin, larges de 150 mm, les plus grandes longueurs font 5,10 mètres.

Ce qui est remarquable c’est la muraille, la partie verticale de la coque, qui sur chaque bord est constituée par 3 virures disposées sous le liston, la plus base affleurant la ligne de flottaison.
Toutes les autres virures se biseautent sous la muraille.


Le fond plat du bateau est fermé par 4 virures de chaque côté de la planche de quille, le galbord, le ribord et deux autres virures qui reviennent à la verticale sur l’étrave et sur l’étambot. Pour rattraper les largeurs aux retours de galbord des adents ont été nécessaires.
À tribord il y en a un au dessus du galbord et un autre au dessus du ribord. À bâbord la répartition est différente !

Le bouchain, la partie la plus arrondie de la coque est fermée par 3 virures, chacune en pointe aux extrémités ajustées sur la base de la muraille.
Sur chaque bord, à l’endroit le plus rond, on trouve un double adent relativement étroit qui fait office de clore, dernière virure à poser pour fermer la coque.
À tribord il est au dessus de la denière virure de bouchain alors qu’ à bâbord elle est en dessous !

On peut remarquer que les deux côtés du bateau ne sont pas symétriques, mais on a pour chaque bord la même répartition en nombre des virures : 3 pour la muraille, 4 pour les fonds, et 3 pour le bouchain. De même on retrouve 2 adents à l’avant et et 2 à l’arrière ainsi qu’un double adent au bouchain. Seule leur largeur ou leur position peut être différente.

En ce qui concerne la distribution des écarts, la plupart d’entre eux sont en quinconce dans la partie centrale de la coque.
Cependant du côté tribord on observe de la muraille au bouchain une distribution en escalier, ce qui n’est pas très conforme aux règles admises. Lors de la restauration du Loud il sera aisé de croiser les bordés différemment de façon à rétablir un équilibre.

Ces quelques photos prises au début de l’année 1994 à Kerkennah nous renseignent sur le déroulement des opérations pour placer les bordés.

Après avoir réalisé les ponts et le vaigrage ( bordés intérieurs du bateau qui renforcent les serres bauquières ) le bordage de la coque peut commencer.
D’abord par la pose de la muraille sur chaque bord.

Pour ensuite fermer le fond du bateau en laissant un espace pour les adents à proximité de l’étrave et de l’étambot.

Encore la dernière virure de bouchain et les adents du côté de l’étrave à poser.

Reste à clore la coque au bouchain avec un double adent et à en placer un dernier du côté de l’étrave.

Les charpentiers ont fini par l’adent d’étrave au desus du galbord.

Pour la restauration du Loud nous aurons à respecter l’ordre adopté par les charpentiers de Kerkennah, à savoir commencer par la muraille, pour ensuite poser les fonds et finir par le bouchain.
Il serait prudent de démonter les bordés et de les remonter au fur et à mesure pour préserver la rigidité de la coque.

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Restauration du Loud

Les plans de forme et de charpente du Loud

Le plan de forme a été réalisé par Guy BROUET. Il a relevé les mesures du bateau de façon très précise et détaillée sur 17 profils transversaux répartis sur tout le long de la coque avec l’aide précieuse de Jacques et de Robert.

Il a transformé son salon en table à tracer pour dessiner les profils à l’échelle un. Plus de 250 heures ont été nécessaires pour réaliser ce travail !

Le plan de forme d’un loude n’avait jamais été fait auparavant, les charpentiers de Kerkennah travaillaient sans plan, ils se transmettaient de générations en générations les gabarits servant à fixer les formes du bateau.
Il sera maintenant possible de tracer en grandeur nature toutes les membrures d’un loude et de garder ainsi la mémoire de ces bateaux.

Ci dessous nous pouvons voir une étape de la construction de notre Loud en 1994 à Sfax. Après avoir dressé la structure axiale sur le chantier, les charpentiers ont posé 4 membrures de part et d’autre du maître bau. On aperçoit un gabarit posé sur la quille.
On remarque également que les charpentiers avaient tendu un cordeau entre les varangues et la quille en passant par les anguillers. La quille, l’étrave et l’étambot étaient alignées au cordeau.

Après avoir calé le Loud sur le chantier de la Plagette, nous nous sommes rendu compte que la quille présentait une flexure et n’était plus vraiment horizontale, le bateau était également légèrement vrillé, résultat de plus de 10 ans d’abandon sur les rives de l’étang de Salses dans de mauvaises conditions.
En forçant un peu sur la coque tous les jours avec des étais, nous avons réussi au bout d’un mois à remettre l’étrave et l’étambot à la verticale.

Nous avons également réalisé le plan de charpente qui permet de visualiser la façon dont sont agencées les pièces de bois constituant le bateau.
Ci dessous le plan de pont dans un plan horizontal.

L’ensemble des barrots

Une coupe longitudinale avec les membrures et le liston jaune qui fait office de préceinte.

Les membrures dans le plan horizontal

L’ étambrai constitué de fortes pièces de bois permet de fixer le mât sur la coque

a également fait l’objet de schémas côtés.

Quelques détails du plan de charpente

La réalisation du plan de charpente nous a permis de mieux comprendre les lignes du loud, en effet on peut remarquer que le sommet du pavois à l’arrière du bateau est sur une horizontale passant par le sommet de l’étrave, parallèle à la flottaison !
Que le tirant d’eau ne dépasse pas les 45 cm !
Que les ponts avant et arrière ne sont pas horizontaux et pas dans un même plan, il suivent la tonture du liston.
Que le liston jaune est plus haut de 35 cm à l’avant qu’à l’arrière et qu’il accuse une légère tonture.
Que la quille, l’étrave et l’étambot sont alignés sur une même droite non parallèle à la flottaison.
Que le bateau est différence, c’est à dire que sa partie arrière est plus enfoncée dans l’eau que son avant, de 14 cm exactement !

Toutes ces observations seront bien sûr à faire valider par les charpentiers de Kerkennah, ce qui sera bien utile pour réécrire l’histoire de la construction d’un loude.

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Restauration du Loud

Le Loud vu par un photographe

Ernest PUERTA a été inspiré par les lignes du Loud, voici quelques unes de ses photos très particulières.
Les gros plans, l’emploi du Noir & Blanc mettent en valeur la matière brute du bois et des cordages. Les alignements de membrures, les courbes où jouent les ombres et la lumière nous plongent dans un monde un peu inquiétant !
Jonas dans le ventre de la baleine, passage obligé avant la résurrection !

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Restauration du Loud

Relevé des formes de la coque du Loud

Nous voulons réaliser un plan de forme et un plan de charpente pour garder la mémoire de ce type de bateau.
A notre connaissance, ce travail n’avait jamais été fait, les charpentiers traditionnels tunisiens, comme ceux de nos côtes construisent leurs embarcations vernaculaires sur gabarits. 

Nous avons commencé par tracer la flottaison avec de la peinture jaune et pour faciliter le relevé des formes de la coque, nous avons calé le bateau dans ses lignes, c’est à dire la ligne de flottaison à l’horizontale.

Guy s’y connait ! il va faire du travail soigné !
Il commence à prendre les mesures du livet par rapport à l’axe du bateau matérialisé par un cordeau.

Minutieux, il vérifie la verticalité de l’étambot.

puis de l’étrave.

Sur la demi coque, côté tribord, 17 profils verticaux ont été répartis et tracés à la craie.

Sur chaque demi section verticale cinq points seront mesurés pour dessiner la forme du profil.
Pour chaque point on utilisera la méthode dite de triangulation bipolaire qui consiste à mesurer deux longueurs pour chaque point à partir de deux pôles situés sur une règle horizontale, avec le centre de la quille pour origine.

Astucieux Guy prend les longueurs avec une antenne télescopique récupérée sur un vieux poste de radio !

le tout est noté méticuleusement sur son carnet

Pour tracer les profils sur une feuille de papier, il suffit de reporter au compas les deux longueurs mesurées pour chaque point. Le point se situant à l’intersection des deux arcs de cercle !

De la théorie à la pratique, ce n’est pas toujours évident !
Il y a bien quelques ratés…, là un point aberrant !
Ce sera vite corrigé, le tracé se faisant au fur et à mesure du relevé.

Les points situés près de la quille sont particulièrement difficiles d’accès, et demande à notre opérateur un investissement sans faille !

Dans le même temps un croquis du pont avant a été réalisé, il nous aidera bien, car il faudra probablement démonter ce pont pour changer une partie de l’étambrai qui est pourrie.

Le même en image vectorielle à l’ordinateur !

Photos de Robert, Antoine et Joël

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Rapatriement du Loud

Arrivée du Loud sur le chantier de la Plagette

Ce vendredi 10 janvier 2020, est un grand jour pour notre association. En début d’après midi le LOUD est arrivé au chantier naval de la Plagette sur un semi remorque, mis gracieusement à disposition par l’exploitation de transport CHARLON et gruté par l’ANCRE qui nous a fait bénéficier pour l’occasion d’un tarif de faveur.

Le Loud est un des derniers exemplaires d’un voilier de pêche emblématique des îles Kerkennah en Tunisie. Sa restauration sera réalisée dans le cadre d’une convention entre l’association « Voile Latine de Sète et du Bassin de Thau » et notre association « Le Loud » et contribuera ainsi à pérenniser la vocation de ce chantier naval unique et de grande valeur patrimoniale.

Chargement…

Transport…

et arrivée du loude …

un beau camion tout neuf pour une vielle coque en bois !

Les admirateurs mitraillent ! ! !

C’est aussi avec beaucoup d’émotions que Wahida, native des Kerkennah, nous a fait l’honneur de sa présence.

Une brochette de gens heureux !

Une aussière à l’avant pour contrôler le grutage.

Maman, les petits bateaux ont_ils des ailes ?

Une bien jolie carène

Notre transporteur : un défenseur du patrimone maritime méditerranéen.

Un petit coup de cidre pour arroser ça !

Photos de Micheline, Marie-O, Joël, Yannick, Antoine et Robert.

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Rapatriement du Loud

Remorquage du Loud

Le 30 décembre

jour « J » pour le remorquage du Loud à travers l’étang jusqu’à la cale de levage de Port Barcarès.
Les conditions météo sont idéales.

L’équipe de Bonança prend le Loud en remorque

La ligne de flottaison est bien enfoncée

Passage délicat en arrivant au port

L’équipage du Loud n’a pas ménagé ses efforts !

Un pêcheur providentiel aide à la manoeuvre

Le plus gros est fait, on arrive à la cale de levage

2019 s’achève sur un miracle !

Le Loud sort enfin de l’eau

Merci à toute l’équipe de l’association Bonança et tout particulièrement à Christian P. , Alain K., Jean-Claude F., Robert C. et Christian G.

3 hommes rayonnants !

Photos d’Antoine, Stéphane, Joël, ….et Christian.

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À Kerkennah

Une nouvelle vie pour le loude « El Felah » 
au musée d’Abassia

Abdelhamid Fehri, fondateur du centre Cercina et du musée du patrimoine insulaire d’Abassia aux Kerkennah nous informe qu’il vient de récupérer le loude abandonné à la Marsa des 20 à Chergui, don de la famille Ben Amor.

Ce bateau construit en 2002 avait donné lieu à la production d’un film en 2006 décrivant toutes les étapes de sa construction et de la fête qui avait entouré sa mise à l’eau.

Une invitation est lancée pour participer au coup d’envoi de cette restauration la 3ème semaine du mois de mars 2020 au Musée d’Abassia. Ce sera l’occasion de réunir toutes les compétences autour des universitaires de Sfax, et pourquoi pas d’inventer des projets communs. Un colloque sur l’histoire de la construction et de la navigation du loude en Méditerranée est au programme.

Nous avons quelques belles photos de ce loude sous voiles.

Photos d’ Abdelhamid Fehri, de Nicolas Millot et de la famille Akrout pour la photo mise en avant.

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À Kerkennah

Le loude de Sidi Fredj bientôt sauvé !

Saber Chelly originaire des îles Kerkennah, convaincu de l’importance que tient le loude dans la mémoire collective, vient de réussir un exploit ! Avec quelques amis ils ont sorti le loud de Sidi Fredj du sable de la plage dans lequel il était enfoncé depuis des années.

Il a fallu creuser pour passer des troncs de palmier dessous, soulever le bateau était un défi qu’a relevé la belle équipe, les jeunes étaient là pour prendre une part active au sauvetage !

Le bateau placé sur une remorque a pu être tracté chez un charpentier.

Saber veut maintenant créer une association afin de pouvoir récolter les fonds nécessaires à sa restauration.

On espère bientôt voir ce loude naviguer en Méditerranée.